Féru d'alpinisme, Olivier Soudieux décolle le 15 avril pour sa première expédition himalayenne. Accompagné de neuf autres montagnards aguerris, il réalise un exploit de taille : la seconde ascension de l'Himlung Himal, un sommet de 7126 m proche de la frontière népalo-tibétaine atteint par une seule des trois expéditions précédente ayant tenté de le gravir. Hormis l'aide logistique d'une agence népalaise jusqu'au camp de base, ces aventuriers de l'extrême entendent vivre leur expérience par eux-mêmes durant les 5 semaines nécessaire pour s'acclimater à l'altitude, installer les camps et donner l'assaut final. Une aventure risquée, sponsorisée avec enthousiasme par Cap Gemini Ernst & Young.
Après neuf jours de trek "facile" entre nature sauvage et villages reculés, le camp de base est dressé à 4850 m. Les choses sérieuses vont commencer… Nos alpinistes progresseront désormais vers le sommet en autonomie. Acclimatation à l'altitude, reconnaissance du terrain, portage de l'équipement et installation de camps intermédiaires s'organiseront par étapes successives, avec plusieurs allers-retours au camp de base.

À moins de 3 heures de ce dernier, ils découvrent un replat pierreux en bordure de glacier. Avec vue sur l'Annapurna, s'il vous plaît ! Le site idéal pour installer le camp 1 au sec, un luxe inespéré à 5300 m d'altitude.

La météo fait des siennes : 2 jours seront nécessaire pour trouver l'emplacement et établir le camp 2, à 6.150m. La fatigue est déjà perceptible sur les visages.
Le cheminement traverse un glacier entaillé de crevasses, contourne des séracs, et fait appel à quelques cordes fixe pour franchir les pentes les plus abruptes. 6 à 8 heures en tout, depuis le Camp 1.

La météo fait des siennes : 2 jours seront nécessaires pour trouver l'emplacement et établir le camp 2,
à 6.150m. La fatigue est déjà perceptible sur les visages. Le cheminement traverse un glacier entaillé de crevasses, contourne des séracs, et fait appel à quelques cordes fixe pour franchir les pentes les plus abruptes. 6 à 8 heures en tout, depuis le Camp 1.

Ils s'attaqueront au sommet depuis ce 2nd camp
après un repos au camp de base.

10 mai, 1h30 du matin. Petit-déjeuner froid (panne de réchaud !) dans la nuit. Olivier forme, avec Ariane, la deuxième cordée. Au dernier col, après 4 h de marche sur une arête escarpée de 2 km, "Ariane juge impossible d'atteindre le sommet dans les temps. D'après nos calculs, il faudrait monter de 200 m par heure pour arriver au camp à la limite de la nuit. Elle a beau essayer de m'en dissuader, je pense qu'il est peut être possible d'y arriver. Je me décorde et je pars seul… "

Olivier tient la cadence un quart d'heure. Puis, d'un coup, rien ne va plus. Altitude ou fatigue ? "Tout me semble basculer. Mes jambes ne me portent plus. Il devient évident que toute chance d'atteindre le sommet s'est envolée. Exténué, je fais demi-tour. Je retraverse sans assurance quelques mètres de pentes raides qui me semblent durer une éternité. Je suis obligé de m'arrêter pour me concentrer sur chaque pas. Je me suis fait très peur !"

Environ 600 mètre au dessus, la 1ère cordée progresse encore.

Lorsqu'il retrouve Ariane, le ciel se couvre, et rapidement l'orage gronde autour de cette arrête, à plus de 6.000m. "Nous avons entendu les abeilles, comme si on avait la tête dans une ruche : un phénomène atmosphérique très clair : l'instabilité de l'air annonce que la foudre va frapper dans la zone." Malgré l'épuisement, ils s'efforcent de déguerpir… Quelques minutes plus tard, la foudre tombe derrière eux.

Mais le calvaire continue… Noyés dans un épais brouillard, ils marchent encore des heures et se croient perdus… L'effort à fournir pour rentrer au camp 2 semble insoutenable. "J'étais dans un état d'épuisement extrême, obligé de m'arrêter de plus en plus souvent pour trouver encore des ressources au plus profond de moi, chutant parfois dans la neige"



Après neuf jours de trek "facile"
entre nature sauvage et villages reculés,
le camp de base est dressé à 4850 m.



Après 15 heures de marche éprouvante et d'émotions intenses, Olivier et ses compagnons regagnent enfin le camp 2.

La 1ère cordée à été arrêtée à moins d'une heure du sommet. La encore la foudre à frappé. Un des membre -indemne- a été éjecté dans la pente sur 3 mètre par l'impact !

Dès le lendemain, tous redescendent au camp de base et s'offrent un repos bien mérité. La fatigue a creusé les visages. Ils se refont une santé et dorment généreusement, dévorant jusqu'à sept repas quotidiens ! Cinq jours, rien de trop pour retrouver quelques forces: repos au doux paradis du Camp de Base, pendant lesquels une autre équipe monte un camp 3 à proximité de la pente sommitale, et atteint la cime !

Reste à atteindre l'objectif… Olivier aurait volontiers récupéré encore un ou deux jours, mais le temps est compté. D'autant que la neige est de la partie.

16 mai, nouveau départ. Un jour, un camp. Le rythme est donné !
Et une préoccupation permanente : marcher lentement pour économiser ses forces jusqu'au camp 3.

19 mai, le grand jour : Olivier quitte le camp 3 vers 2h. Incident sur l'arête :il fait nuit et sa lampe frontale tombe en panne. Il se guide tant bien que mal en suivant les traces du leader de cordée,
dans la pénombre..

Levé du jour vers 5h. A plus de 6.000m, le décor est à la hauteur des efforts en cours ! Ombres et lumières du soleil levant sur les neiges. 360° de pur bonheur…
Le sommet est atteint sans encombre. Malgré l'épuisement, Olivier savoure sa victoire. (Note du relecteur : J'arrive en haut plein brouillard !)

Quelques jours plus tard, l'équipe quitte son camp de base. Les sourires et les yeux pétillants de bonheur font oublier la fatigue. Pour le retour, Olivier opte pour un itinéraire en bordure de l'Anapurna, via le lac Tilicho. Splendide !

Encore 6 jours à Katmandu (traitement de choc pour se refaire une santé sommeil et montagnes… de pâtisseries), et c'est le départ. De l'avion, dernière vision magique : l'Annapurna perce les nuages, joli clin d'œil des cimes enneigées…

Au-delà des souffrances endurées, Olivier gardera de l'expédition un souvenir impérissable : son lot de paysages uniques, de subtiles lumières inimitables… Son succès couronne une somme d'efforts pour surpasser la fatigue et s'adapter à un environnement hostile. "Une grande satisfaction : avoir tout donné pour atteindre mon but, avoir su, jour après jour, trouver les ressources pour affronter les conditions difficiles. Avoir été capable de repousser mes propres limites."

À peine rentré en France, Olivier rêve déjà à sa prochaine aventure, en 2003, une traversée de 3.000 Km de l'Everest au Zanskar…








Olivier et ses compagnons
regagnent enfin le camp 2





Opération réussie !